Dungeon Elf, Tomes 1 et 2 : mais au fait, qui pose les coffres dans les donjons ?

Bienvenue dans les backstages de vos aventures fantastiques

Allez, avoue. T’as passé des centaines d’heures sur des RPG, tu as ouvert des milliers de coffres au fond de donjons pourris d’humidité… et jamais, JAMAIS, tu ne t’es demandé qui avait bien pu les déposer là. C’est justement le pari complètement barré de Dungeon Elf : répondre à cette question existentielle que personne ne se pose. Bizarrement, ça donne un manga aussi malin qu’attachant.

Débarqué chez Doki-Doki, ce petit ovni signé River Slan (un duo caché derrière un pseudo, on y revient) part d’un concept absurde. Résultat : on en tire un vrai voyage de fantasy. Je t’embarque sur les deux premiers tomes.

Je remercie notre partenaire pour nous avoir fourni une version physique afin de vous parler de cette série.

Dungeon Elf
  • Titre : Dungeon Elf
  • Auteur : River Slan (pseudonyme du duo Gyro Knuckle au scénario & Tomozo au dessin)
  • Éditeur : Doki-Doki
  • Nombre de tomes : 2 en VF (série en cours) – 3 au Japon
  • Catégorie : aventure – fantasy – survival – slice of life

Des donjons à remplir

On suit Snail, une elfe solitaire et mystérieuse, forte de plusieurs siècles d’expérience. Son métier consiste à parcourir le monde pour déposer discrètement des coffres au trésor dans les donjons et les endroits les plus dangereux qui soient. Un boulot de l’ombre, invisible aux yeux des héros qu’elle aide pourtant à se renforcer. Un travail invisible qui participe à sa façon au maintien de l’équilibre du monde.

Le sac sur le dos, elle traverse des paysages qui vont des hautes herbes paisibles où l’aventure débute… pour finir aux recoins les plus mortels de donjons que même les héros redoutent. Le concept des coffres n’est en réalité qu’un prétexte : un voyage contemplatif dans un univers de fantasy vu sous un angle totalement inédit.

Ajoutons à cela des planches magnifiques, détaillées, qui donnent envie au regard de trainer dessus. On a ici un manga qui ne manquera pas de plaire.

Tome 1 : la poseuse de coffres

Le premier tome installe le concept et son héroïne. On découvre l’elfe, sa mission, sa routine, et surtout son regard blasé mais bienveillant sur ce monde qu’elle arpente depuis des siècles. Elle affronte les dangers avec un calme olympien, profite des richesses de la nature, prépare ses coffres, croise des créatures et des coutumes variées… Bref, le manga pose une ambiance « chill », une balade tranquille dans la fantasy, portée par une héroïne expérimentée et attachante.

En suivant Snail, on va se trouver, même mentalement, une petite place à côté d’elle. Pour siroter l’un des cafés qu’elle prépare, ou partager un repas avec elle. Quel que soit le lieu et le danger, on a tous besoin d’une pause méritée.

Tome 2 : une rivale sur les traces de Snail

C’est là que la série passe la seconde. Snail commence à tomber sur des coffres… qu’elle n’a pas posés elle-même.

Agacée, elle comprend vite que quelqu’un marche sur ses plates-bandes. Le running gag est excellent : elle frappe un coffre, qui s’ouvre sur une tasse maudite ressemblant à la sienne.

Et ce quelqu’un n’est autre que Lynx, son ancienne disciple, qu’elle n’avait pas revue depuis plus d’un siècle.

L’arrivée de Lynx dynamite la routine : rivalité, retrouvailles… Sans parler de ce petit jeu de « qui pose ses coffres avant l’autre », et qui vient égratigner au passage la morale des deux elfes. Le tome envoie aussi Snail dans des donjons plus originaux les uns que les autres, dont un hommage assumé à l’horreur façon Junji Itô. On y retrouve un affrontement contre un dieu des mers à la Cthulhu répondant au nom de Dagon. On sent que la série cherche (et trouve) à sortir de sa zone de confort.

Poser des coffres, ça fonctionne

La grande force de Dungeon Elf, c’est son angle inédit. On a vu mille fois le point de vue du héros qui pille le donjon. Ici, on est de l’autre côté, dans les coulisses, avec celle qui prépare le décor. C’est frais, c’est malin, et ça donne un ton contemplatif et doux, presque reposant, qui tranche avec la fantasy d’action habituelle. Snail est une héroïne qu’on a plaisir à suivre : classe, expérimentée, un poil désabusée, mais profondément humaine (pour une elfe).

Cependant, rien n’est parfait. Le concept est génial sur le papier, mais il porte aussi sa propre limite : à trop miser sur la balade contemplative, le tome 1 peut sembler un peu plat, voire répétitif. Elle pose un coffre, elle avance, elle pose un coffre…

C’est le tome 2, avec l’arrivée de Lynx et des enjeux plus marqués, qui vient vraiment donner du relief à l’ensemble. Reste à voir si la série tiendra la distance sur le long terme avec un pitch aussi minimaliste. Personnellement, j’ai confiance.

Mon verdict

Dungeon Elf, c’est la preuve qu’une idée toute bête peut donner un manga plein de charme quand elle est traitée avec autant de soin.

On vient pour le concept rigolo, on reste pour Snail et son voyage tranquille dans un monde de fantasy qu’on redécouvre par la petite porte.

Le premier tome prend son temps, le second confirme les promesses. Si tu aimes la fantasy qui sort des sentiers battus et que tu n’as pas peur d’un rythme posé : cette elfe et son sac à coffres méritent clairement le détour.

On reste dans le chill, mais avec une autre saveur chez Nos cœurs de chats.

Neikko
Neikko

Créateur du site, streamer et passionné. Parle avec son cœur, âme pas à vendre

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