Welcome to Elderfield : un test cultivé !!!

Une ville tout ce qu'il y a de plus normal... Ou pas

Oublie tout de suite l’image du petit fermier tranquille qui plante ses navets au soleil levant. Welcome to Elderfield ne prend même pas la peine de te bercer avant de te montrer les crocs : dès les premières minutes, il t’envoie faire un tour dans un cauchemar. Pourtant, quelques heures plus tard, tu te surprends à décorer ta maison en sifflotant, entouré d’horreurs que tu trouves désormais… presque attachantes. C’est ça, le tour de force du bébé de Chris Cote : te mettre mal à l’aise, puis te rendre l’inconfort confortable.

Développé en solo par Chris Cote et édité par Kwalee, ce cozy horror RPG est sorti sur PC (Steam) le 10 septembre 2026. Je vais te dire que j’ai adoré. Assez pour t’en parler comme d’un coup de cœur bizarre, de ceux qui te laissent une drôle d’impression longtemps après avoir éteint le jeu. Enfile tes bottes, on retourne cette terre… et on voit ce qui remonte.

Plus
  • Cozy horreur bien mélangé
  • l'atmosphère malsaine et envoûtante
  • L'intro qui pose tout
  • Un vrai RPG
  • Difficulté modulable
  • Contenu généreux
Moins
  • Impossible de changer manuellement l'outil
  • La chance au dé peut devenir frustrante
  • Quelques tâches agricoles qui perdent en fluidité
Welcome to Elderfield
  • Titre : Welcome to Elderfield
  • Développeurs : Chris Cote (solo)
  • Date de sortie : 10 septembre 2026
  • Plateforme : PC (Steam)
  • Catégories : cozy horror – RPG – simulation de ferme – combat au tour par tour

Bienvenue… dans un cauchemar

Le jeu ne s’embarrasse pas d’une longue mise en bouche paisible. Ta toute première rencontre avec Elderfield, c’est un rêve. Ce rêve sert accessoirement de tutoriel de combat.
Te voilà à courir dans une forêt, en pleine nuit. Tu finis par tomber sur un culte qui semble vouer une dévotion inquiétante à une créature pas franchement engageante. Tu ramasses de quoi te défendre, tu empoignes une première arme, et hop : premier affrontement, direct. De quoi apprendre les bases du combat et jauger si la difficulté que tu as choisie te convient.

Puis tu te réveilles. Tu rentres chez toi, tu vas te coucher. Sauf que le lendemain, une petite voix te souffle une question dérangeante : était-ce vraiment un rêve ? C’est exactement là qu’Elderfield te tient. Parce qu’à partir de ce moment, tu ne sauras plus très bien où s’arrête le cauchemar et où commence ta nouvelle vie.

Une vie de ferme… bien perturbée

Une fois ce prologue passé, le jeu déroule sa vraie nature : une simulation de ferme que les fans du genre connaissent par cœur. Tu cultives tes champs, tu récoltes, tu élèves du bétail, tu pêches, tu cuisines, tu retapes ta maison et tu tisses des liens (parfois plus que ça) avec les habitants du coin. Du Stardew Valley pur jus… en apparence.

En apparence j’ai dis, car la ferme, elle, part en vrille. Tu dois stopper la croissance de tentacules baladeuses qui ont décider de faire de ton potager un joli terrain de jeu.Tu fais pousser des récoltes tout à fait normales, du maïs, des citrouilles… ou des dents et des globes oculaires. Le tout en priant pour que les créatures des bois ne viennent pas se balader entre tes rangées de semis.

Côté élevage, oublie la petite vache tranquille dans son pré. Ici, tu n’élèves pas des vaches : tu élèves des Tentavaches. Oui, c’est le vrai nom, un croisement cauchemardesque entre une vache et une pieuvre, groin rose en prime. Ça grandit en cinq jours dans ton étable, ça produit du lait tous les jours (sauf quand il pleut, faut pas déconner)… et il te faut un « sceau à lait » pour la traire. Du grand n’importe quoi parfaitement assumé.

Ce n’est pas tout. Même quand le jeu te sert un animal d’apparence plus banale, il trouve le moyen de le rendre dérangeant : ne sois pas surpris de tomber sur une vache souriante… qui te parle. Oui, une vache qui cause. Non, personne autour de toi ne semble trouver ça bizarre. Bienvenue à Elderfield.

Le plus dérangeant, ce n’est même pas ça. C’est que tout le monde à Elderfield trouve ça parfaitement normal. Les villageois te sourient, les nouvelles locales relatent des faits de plus en plus glauques sur un ton village. Quelqu’un veut déménager ? Personne ne l’envisage. Toi non plus, d’ailleurs. Le jeu t’installe dans l’anormal jusqu’à ce que tu ne le remarques plus.

Cozy ou cauchemar : à toi de choisir

Bonne idée de game design : la difficulté est modulable selon ta tolérance à la souffrance. Tu veux une vie paisible de récoltes et de découvertes ? Le mode cosy te laisse profiter de l’ambiance sans trop transpirer. Tu cherches du défi ? Les Anciens Dieux t’attendent, et ils n’ont pas prévu de te ménager.

La ou il y a des airs « mignons », Elderfield cache un système de combat au tour par tour étonnamment poussé. Il y a tout d’un RPG : point d’action, ressources récoltées, buffs stratégiques, équipement. Le jeu va t’offrir (ou pas), plein de chose pour survivre aux horreurs lovecraftiennes tapies dans les mines et le centre commercial abandonné de la ville. La profondeur et les choix comptent réellement. Le jeu résume d’ailleurs sa philosophie sans détour : meurs, cultive, cueille… puis meurs encore.

Ici, chaque journée peut basculer

C’est peut-être ça, la plus grande différence avec un Stardew Valley bien tranquille. À Elderfield, tu n’es jamais vraiment à l’abri d’une journée qui part en vrille. Le jeu a mille façons de te le rappeler.

Chaque matin, tu peux allumer la télé de ta maison. Elle diffuse un petit journal télévisé… qui te signale une anomalie du jour en ville. Tu auras la journée pour investiguer. Les mystères vont des traînées de sang, une apparition louche au bord du lac, à des œufs géants aperçus dans les couloirs du grand immeuble du coin. À toi d’aller voir. Le jeu te récompense lorsque tu prends le risque.

Parfois, ce n’est pas toi qui vas vers l’étrange, c’est l’étrange qui vient à toi. Un bulletin te parle d’un numéro de téléphone bizarre : tu appelles, une voix inconnue décroche. Sauf que si c’est toi qu’elle cherchait… elle te suivra jusqu’à te rattraper. Un autre t’avertit qu’un membre un peu trop zélé de la milice de quartier rôde : « si tu sens un regard dans ton dos, cours. » Charmant.

Le pompon ? Les créatures ne restent pas sagement dans les donjons. Il peut très bien t’arriver de lever les yeux de tes semis pour découvrir un monstre planté au milieu de ton champ. Tantôt un épouvantail humanoïde à tête d’épi de maïs et au corps fait de tentacules, tantôt juste… des longues jambes. Ta ferme n’est pas un sanctuaire : c’est juste un endroit de plus où l’horreur peut s’inviter.

Ajoute à ça des mystères disséminés dans le monde, des objets anodins qui te proposent soudain d’« enquêter », et tu obtiens un jeu où la curiosité est autant une récompense qu’un piège. Là où Stardew te laisse ronronner, Elderfield te garde en alerte. C’est délicieux.

Coup de dé : ta pire ennemie s’appelle la Chance

Bon, on part sur un autre aspect du jeu, qui est central : la chance. Ce truc qui fait d’Elderfield autre chose qu’un simple farming teinté d’horreur, un système de dé existe. Ici, une multitude d’actions, fouiller une poubelle, ouvrir une caisse, enquêter sur un objet louche, et même aller te coucher, ne te promet pas la paix. Il y a énormément d’action qui vont déclencher un lancer de dé. Le résultat va décider si le sort te sourit… ou te crache dessus.

Pas le temps de rire : un mauvais jet peut te coller une malédiction, et certaines réduisent tes statistiques de façon carrément permanente. Autant dire qu’un simple coup d’œil dans une benne à ordures peut, sur un jet foireux, saboter durablement ton personnage. On n’est pas loin de la brutalité d’un Fear & Hunger : chaque geste anodin devient un pari.

C’est exactement ce que j’ai adoré. Cette tension permanente, ce petit frisson à chaque action banale, c’est ce qui donne au jeu son sel. Tu apprends à jauger le risque, à booster ta Chance, à choisir tes moments. Quand un jet tourne bien, la satisfaction est réelle. Loin d’être un défaut, ce hasard omniprésent est le battement de cœur d’Elderfield : il transforme la routine cosy en une partie de poker permanente avec les forces obscures. Certains détesteront s’en remettre autant au sort ; moi, ça m’a scotché.

Le charme malsain qui fait mouche

S’il fallait résumer pourquoi Elderfield fonctionne si bien, ce serait son atmosphère. Les illustrations sont dessinées à la main dans un style manga d’horreur, la bande-son est un dark lofi (signé Dated) qui s’infiltre sous la peau. De plus, chaque détail travaille dans le même sens : te bercer et t’inquiéter en même temps. Tu romances un habitant pas tout à fait humain, tu pêches des choses qui n’ont pas de nom, tu décores ta maison pendant qu’une présence t’observe depuis la lisière des bois, et pourtant, tu souris.

Le petit bémol (le grain de sable dans la terre)

Bon, maintenant, soyons réalistes. Aussi séduisant soit-il, Elderfield a quelques aspérités.

La plus agaçante à mon goût : on ne peut pas sélectionner soi-même l’outil qu’on utilise à la ferme. Le personnage cible automatiquement une case, pas toujours celle que tu voudrais. Résultat, tu te retrouves régulièrement à agir sur la mauvaise parcelle, ce qui casse un peu le rythme de ces tâches qu’on aimerait fluides et satisfaisantes. Sur un jeu où la boucle agricole est centrale, ce petit manque de contrôle finit par se faire sentir.

Parfois, la chance au dé peut s’avérer très frustrant. Tu peux te coucher, et la, c’est la dégringolade. La lune n’est pas avec toi : bim, deux malédictions. En plus, tu passes une mauvaise nuit, allez hop, trois malédiction en plus et tu perds des pv max… La tu regardes ton écran, dépité.

Rien de rédhibitoire, ce ne sont pas des tares qui vont gâcher l’expérience.

Mon verdict

POPOPOOOOOOO ! Welcome to Elderfield, c’est la preuve qu’un concept casse-gueule, marier le réconfort du farming et l’angoisse cosmique, peut accoucher d’une petite merveille quand c’est fait avec autant de soin.

On vient pour cultiver des citrouilles, on repart en ayant fait pousser des dents, apprivoisé une horreur lovecraftienne et, accessoirement, laissé une part de sa santé mentale dans le potager. Le plus dérangeant dans tout ça ? On en redemande.

Tu veux un jeu de ferme, tu veux du gênant ? Alors la ville d’Elderfield va t’accueillir comme il se doit. De toute façon, la ville est tout à fait normale

Coup de cœur
♥♥♥♥♥

Bon, maintenant que nous avons parlé de jeu dérangeant, tu ne verras pas d’inconvénients à changer de style en passant sur Doloc Town.

Neikko
Neikko

Créateur du site, streamer et passionné. Parle avec son cœur, âme pas à vendre

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