C’est dans le Manga The Cave King de chez Doki-Doki, un monde d’Heroic Fantasy dans lequel on suit Hiel, le 17e prince du royaume de Sanfales. Le jeune homme est envoyé gouverner le récif isolé et inhabité de Sheol. La raison de cet exil ? Hiel est devenu la risée de son propre royaume. Comme tout être doté d’intellect dans ce monde, il est né avec une marque. Ces marques leur confèrent de puissantes capacités magiques ou manuelles, cependant… Notre héros est incapable de développer autre chose qu’une faible magie du vent.
Une fois arrivé sur l’île, sa marque s’active enfin. Son pouvoir est celui de « Roi des cavernes », une capacité unique tournée vers l’exploration et l’exploitation minière… de quoi peut-être transformer ce lieu abandonné en quelque chose de bien plus grand.

• Titre : The Cave King
• Éditeur : Doki-Doki
• Nombre de tomes : 7 (en France)
• Catégorie : Aventure – comédie – fantasy – romance – slice of life
• Auteurs : Hajime NAEHARA, Takao DEMISE
Le premier contact
Hiel découvre lentement ses capacités, ou plutôt celles de son emblème. Quelques jours plus tard, il retrouve trois gobelins échoués : une princesse, un érudit et un guerrier. S’en suit une cohabitation improbable entre un prince humain d’un pays profondément hostile envers d’autres races et trois gobelins qui ont fui une attaque d’orcs.
Cependant Hiel est différent : plutôt que de les attaquer il préfère les recueillir et avancer avec eux. Est-ce qu’il le fait par bonté d’âme, simple curiosité ou peur de la solitude ? Nous n’en savons rien pour le moment.
Quoi qu’il en soit, cette rencontre marque déjà un premier changement important. Jusque-là, Hiel avançait seul sur une île vide avec pour seul objectif de survivre et comprendre son emblème. L’arrivée des gobelins change peu à peu cette dynamique. Les capacités de l’emblème du « Roi des cavernes » ne servent plus uniquement à exploiter l’île ou à accumuler des ressources : elles commencent à avoir une utilité pour d’autres personnes.
C’est probablement ce qui rend ce passage intéressant. Là où beaucoup d’œuvres auraient transformé l’exil en simple prétexte pour rendre le personnage plus fort, The Cave King semble plutôt utiliser cet isolement pour construire des relations.
On sent que chacun apporte quelque chose au groupe, même si au départ rien ne semble vraiment les rapprocher. Petit à petit, l’île cesse alors d’être un lieu d’exil pour devenir un endroit où quelque chose commence à naître.
Des visuels de qualité et des détails importants
Les planches de The Cave King sont assez bien travaillées.
Bien que les détails soient relativement présents, ce n’est pas tout ce que l’on a. L’échelle de grandeur utilisée pour certaines illustrations arrive à marquer les lecteurs.
Le dessinateur prend le temps de montrer les environnements, de laisser respirer les décors et de jouer avec les perspectives.

Chaque personnage a son lot de détails plus ou moins présents à chacune de leurs apparitions. Le design des différentes roches trouvées est appréciable, cela permet de les différencier facilement même sans forcément se rappeler de toutes les pierres.
Ce qui est marquant, c’est le dessin de certaines scènes qui sortent du lot, notamment dans la page avec le sort de vent utilisé.
Le premier est minuscule, alors que celui qui arrive un peu plus tard dans le tome est d’une puissance démesurée. Il y a également une belle quantité de détails, aussi bien sur le sort que sur le personnage.
Même sans voir son visage pleinement, on y lit l’étonnement.


On peut également parler de la planche de l’arbre monde dans le manga, les détails sont nombreux. Entre les pierres de la digue, le design du tronc et des racines qui ressortent des pierres. Sans oublier de parler de celle des feuilles, on sent que c’est déjà un travail monstrueux.
Le plus impressionnant reste la taille de l’arbre, qui ne rentre même pas en entier sur la page et se retrouve plus grand que l’île elle-même.
On peut sentir que le dessinateur Takao DEMISE a pris du plaisir à faire ces dessins. Le niveau de détails est souvent assez élevé. C’est d’autant plus flagrant sur certaines doubles pages.
Je peux vous affirmer être resté bloqué plusieurs secondes sur certains d’entre eux, sans même en lire les dialogues. J’étais fasciné par le soin apporté à chaque détail.
Mon avis en tant que lecteur
J’étais lassé des œuvres qui mettent en avant les combats et la surenchère de puissance constante. Mon choix, un peu hasardeux je l’avoue, est tombé sur The Cave King. Une vraie aubaine pour moi, je n’ai aucun regret sur la lecture.
Le personnage principal, Hiel, n’est pas idéalisé pour être fort : on sent qu’il est humain. Il a ses moments de doute et peut compter sur ses compagnons, comme eux peuvent compter sur lui, le tout assez naturellement.
On constate que les relations ne sont pas à sens unique. Il y a un système d’emblèmes qui permet de « catégoriser » l’utilité de chacun. Cela permet ainsi de comprendre plus facilement le rôle de chaque personnage sans pour autant qu’il ne se résume qu’à cela.

Pour être totalement honnête, le concept de l’œuvre me semblait plutôt léger au début, je veux dire, un monde où chaque être vivant doté d’intellect se voit attribuer un métier via une marque, la base est bonne. En revanche, il est difficile de se projeter sur le long terme sans y voir la répétition.
Cela dit, c’est très bien ficelé. Suivre un jeune prince de 17 ans rejeté par son propre royaume à cause de sa marque, qui finit par construire peu à peu son royaume… C’est vraiment fort, et pas forcément ce qu’on s’imagine au premier abord.
Pour l’instant, sept tomes sont sortis en France, contre huit au Japon, un huitième devrait donc arriver prochainement en France également. Personnellement, j’attends avec impatience la suite de l’œuvre. J’ai hâte de suivre leurs découvertes et de voir évoluer leurs relations.
Si vous avez aimé cette lecture, n’hésitez pas à aller lire l’article sur Rai Rai Rai ou un autre, plus théâtral, avec celui d’Akane Banashi.
