« Métro, UFO, dodo. » C’est la punchline que Ki-oon colle sur Rai Rai Rai. Honnêtement, ça résume bien l’énergie du bouzin. Sous sa couverture jaune fluo impossible à louper, ce nouveau shonen de Yoshiaki cache un cocktail que je ne pensais pas voir débarquer comme ça : nous avons ici un héritage assumé de Rumiko Takahashi, des combats nerveux à la Kaiju n°8, et un humour qui carbure au délire visuel. Je l’ai lu, j’ai souri bêtement du début à la fin, et je crois bien que je tiens là une de mes belles découvertes du moment.

- Titre : Rai Rai Rai
- Éditeur : Ki-oon
- Nombre de tomes : 2 – en cours
- Catégorie : Action – Comédie – Science-fiction
- Auteurs : Kei Yoshiaki
Au cours d’une terrible guerre, les humains ont réussi à vaincre les aliens, mais ceux-ci ont laissé derrière eux certaines de leurs créatures… Sumire fait partie d’une entreprise chargée de se débarrasser des spécimens les plus inoffensifs. Son morne quotidien est bouleversé quand des extraterrestres l’enlèvent et lui greffent un guerrier assoiffé de sang !
Quand elle est attaquée par un monstre géant en vadrouille, elle tente le tout pour le tout en abandonnant le contrôle au parasite ! Il balaie leur adversaire… et est sur le point de reprendre son plan d’extermination de l’humanité quand une guerrière anti-alien le décapite. De nouveau aux manettes, Sumire doit maintenant survivre en mode colocation corporelle interespèce !Résumé éditeur
Une nettoyeuse d’alien et son colocataire encombrant
Sumire, notre héroïne, a un job bien particulier : elle nettoie les « restes » des aliens qui attaquent régulièrement la planète. Boulot ingrat, routine classique. Seulement, c’est sans compter sur le jour où tout dérape. La jeune fille se fait enlever par des aliens, elle se retrouve ensuite dans un champ, pour qu’ensuite le lendemain, un extraterrestre surpuissant s’incruste en elle comme un parasite. Journée de merde comme on dit. La voilà embarquée dans un duo aussi explosif qu’improbable.
C’est là le point du manga : le duo comique entre Sumire et cette présence envahissante. D’un côté, une fille qui voulait juste faire son taf peinard, de l’autre, un colocataire monstrueux qui débarque sans prévenir et fout le bazar. De cette cohabitation forcée naissent les quiproquos, les situations hilarantes, mais aussi, et c’est tout l’équilibre de l’œuvre, des batailles épiques quand il faut en découdre.
Attendez, on remet tout dans la marmite. On a l’humour, la baston, les quiproquos. Super. Ha ! On me dit dans l’oreille que le tout peut également être mélangé ensemble. On est bien servi. Yoshiaki jongle entre le tout sans jamais perdre le fil. Et je n’en dis pas plus sur la suite : la découvrir, c’est tout le plaisir.



Des graphismes et une ambiance qui rendent hommage
Nous allons nous en rendre compte rapidement, l’ombre de Rumiko Takahashi plane sur Rai Rai Rai. Yoshiaki revendique l’hommage fait à la version féminine de Ranma, du manga Ranma 1/2, jusque dans la natte de Sumire. C’est un clin d’œil que les vrais fans repéreront direct. On retrouve cette énergie bouffonne, ce sens du timing comique, ce mélange de quotidien banal et de grand n’importe quoi qui faisait tout le sel des comédies de Takahashi. On aurait presque l’impression de retrouver Ranma dans un univers qui n’est pas le sien.
Par contre, côté baston, on change de registre : le trait devient nerveux, dynamique et précis, et là c’est plutôt l’école Kaiju n°8 qui me saute aux yeux. Des affrontements lisibles, qui en mettent plein la vue sans jamais perdre le fil de l’action. Le genre de pages que tu tournes un peu plus vite avec l’envie de voir la suite.
De plus, il y a quelque chose qui m’a vraiment fait marrer : c’est l’humour visuel. Parce que chez Yoshiaki, le rire ne sort pas que des dialogues, il est planqué dans les planches elles-mêmes. Les créatures ont cette face grimaçante, ce crâne expressif aux dents pointues. Ça vous transforme un monstre censé terrifier en « Barry le Boucher » qui s’énerve, dans Fullmetal Alchemist.
Oui, j’ai cité FMA. Je suis désolé, mais ce même crâne ricanant, ce décalage entre un design qui devrait faire peur et une expression tellement exagérée qu’elle en devient drôle. Le lien était directement fait chez moi. J’ai eu l’impression de voir le petit frère de Barry. Je vous laisse juger.


Rai Rai Rai, ce qui le rend unique…
… Ou pas. Alors non, Rai Rai Rai ne réinvente rien. Je n’ai pas l’impression que c’est le but. Son truc à lui ? C’est de prendre tout ce qui marche : l’humour visuel à la FMA, l’énergie déjantée d’un DanDaDan, les références assumées. On prend le tout, et on le fait tourner à plein régime. On ajoute à cela la maîtrise : la dédramatisation. Sumire vit des trucs objectivement catastrophiques : enlèvement, parasite tueur, mort frôlée. Yoshiaki inverse la tendance et désamorce chaque drame par l’absurde, le gag ou une gueule de monstre trop ridicule pour faire peur. Résultat : tu ris là où tu devrais flipper ou t’inquiéter pour Sumire. Ce n’est pas un manga original, c’est une œuvre qui sait exactement ce qu’elle veut être, et qui l’assume à fond.
Vous l’aurez compris, j’aime ce genre de titre

Je n’ai dévoré que le premier tome, donc considère ça comme une mise en bouche, pas un bilan définitif. La mise en bouche donne faim, par contre.
Rai Rai Rai, c’est le genre de manga qui ne te demande pas de réfléchir. Tu l’ouvres pour t’amuser. C’est précisément ce qui marche et qui me plaît. J’ai souri bêtement, j’ai tourné les pages sans voir le temps passer, et j’ai refermé le tome avec cette petite frustration jouissive du » déjà fini ? ». Comme indiqué, il n’est pas forcément question de réinventer le manga, mais de faire fonctionner une recette qui prend : du comique, du relief, de la baston, parfois tout mélangé ensemble. En plus, le parasite… parasite litéralement le manga en volant la moitié des scènes. Oui, je suis bon public, j’assume.
C’est un manga qui ravira les nostalgiques de Ranma 1/2, FMA, ou qui ont découvert Great Kaiju N°8. Je ne les ai pas cités pour rien : on retrouve ces codes facilement.
Du fun, du rire, et pas de prise de tête. Que demander de plus ?
Et si on partait sur un autre univers ? Reste encore un peu avec nous et découvre Le livre des multivers.

Je l’ai, mais je l’ai pas encore lu. Le mangas me fait très envie mais je trouve pas l’envie de lire en ce moment X). Mais en tout cas je me disais bien que le perso principale ressemblais a quelqu’un, mais j’arrivais pas a mettre le doigt dessus mdr
Je l’ai mais pas encore lu, mais maintenant que je sais que mon cerveau est pas neccessaire pour le lire je vais surement mis mettre 🙂
une lecture un peu décaler j’adore ce genre d’histoire. Hâte de voir la suite du manga 😀
C’est fou comme en quelques minutes de lecture tu as ruiné mes plans! Je t’explique: J’ai une pile de livre à lire assez importante, et là… Il fallait que tu rajoutes quelques choses à ma liste! Beh bravo! :p
J’ai vraiment envie de découvrir Rai Rai Rai du coup. ^^ Oh et, ton article est vraiment top au passage! Chapeau!