C’est la surprise sur Steam cette semaine : Dressmaker, sorti le 21 septembre dernier. Les évolutions en matière de moteur de jeu permettent enfin un rendu fidèle, et très joli, des tissus et robes dans un jeu cosy basé sur la couture. Avec un budget limité et cinq développeurs, je m’attendais à une narration peu développée pour mettre les moyens sur le gameplay. Alors, allons voir ce que ça donne.
Je remercie notre partenaire de nous avoir fourni une clé afin de tester le jeu, et vous livrer notre ressenti.
- le rendu visuel des tissus et couleurs
- la narration, étonnamment détaillée
- la variété des patrons intégrés au jeu
- des mini-jeux simples mais addictifs
- une durée de vie bien longue, comme on aime
- l'absence de version française
- un mini-jeu trop facile
- des arrière-plans pour les photos à embellir

- Titre : Dressmaker
- Développeurs : Cozy Lives
- Date de sortie : 21 septembre 2026
- Plateformes : PC (Windows – MacOS)
- Catégories : casual – cosy – gestion – simulation de métier – narration
Sur l’absence de version française
Commençons par la chose qui fait que bon nombre d’entre vous hésitent à lancer Dressmaker, malgré les retours très positifs des joueurs : la VF. Plutôt le fait qu’elle soit absente, mais en fait, le texte est limité.
D’un côté, la narration vous est contée via les dialogues entre notre personnage et les clients. Une maîtrise imparfaite de l’anglais vous permettra quand-même de comprendre les grands fils de l’histoire. Vous raterez quelques adjectifs pompeux, et vous ferez surprendre par des rebondissements que d’autres auront vu arriver.


D’un autre côté, les items en jeu sont nommés de façon très simple : couleur, nom du tissu, nom de la coupe pour les patrons. Les attentes des clients sont résumées en mots-clés, les mêmes que les filtres que tu peux utiliser pour trier tes tissus et accessoires. Alors, tu vas ouvrir un navigateur deux minutes, apprendre que “silk” veut dire “soie”, ça et cinq autres noms de tissu, et c’est tout. Tu n’auras pas besoin de traduire les patrons, puisqu’ils te sont dessinés en miniature pour la compréhension.


En résumé, si c’est la création et la couture qui ont piqué ta curiosité ces derniers jours, fonce. Tu apprendras quelques mots sans t’en rendre compte. Si tu étais attiré par l’histoire en jeu, là ça se complique.
Pour les joueurs adeptes de la langue de Molière, Dressmaker travaille sur une traduction française à venir.
Une narration plus poussée que je l’espérais
On incarne une jeune créatrice, venue faire ses preuves dans la grande ville où réside le Duc. On devient un membre important de la communauté locale, en habillant les protagonistes de l’histoire.
Certains parmi vous regretteront l’absence de choix décisifs dans la narration du jeu… A titre personnel, je trouve que l’immersion est tout de même très bonne (et oui, on peut caresser le chat).

Nous voyons évoluer une dizaine de femmes, plus ou moins importantes pour la région. L’une est chanteuse, promise à une belle carrière. Une autre cherche à tout prix l’attention du Duc, pour le titre et la richesse qu’elle peut tirer d’un mariage. Chacune a sa personnalité, ses préférences, et une évolution personnelle intéressante.

Au début de Dressmaker, l’ordre de passage des clients nous est imposé, et seule l’histoire principale peut être suivie. Ensuite, on nous offrira un pigeon voyageur qui permet de sélectionner des quêtes secondaires.
Pendant ces dernières, vous serez amenés à créer des robes plus loufoques, ou terriblement chics. Enfin, on peut toujours faire des « off rack dresses », traduction : des créations sans contrainte, du prêt-à-porter tout simplement. Il faudra en vendre quelques-unes afin financer nos (nombreux) achats compulsifs.
On peut même offrir une robe à nos clientes, mais ce n’est pas intéressant avant la fin du jeu. J’ai continué à jouer après avoir terminé la narration, et c’est là que ces cadeaux sont devenus importants. En effet, ils sont le seul moyen de revoir nos protagonistes.
Côté gameplay
Le gameplay est accessible pour les enfants, et très cosy pour les adultes. La boucle est simple et répétitive, mais tout a un sens. On commence par les idées, posées sur le papier avec quelques morceaux de tissu pour tester les combinaisons. Le journal est intuitif, en trois onglets : un pour les personnages, un pour les commandes des clients, un pour vos créations personnelles.
Ensuite, on découpe en suivant les patrons, sur la table à gauche de votre boutique. Là, le jeu prend des allures de puzzle : chaque pièce a ses contraintes, et le tissu coûte cher si l’on ne fait pas attention. Si vous mettez un morceau à la poubelle, il réapparaît à l’intérieur du tissu, vous permettant de le réutiliser. Vous pouvez donc changer vos plans initiaux, vous n’aurez perdu que votre temps.



Pour terminer notre robe, il faut poser les tissus sur le mannequin, un par un, puis les coudre. C’est la partie la plus satisfaisante : on voit le résultat final, et on modifie nos projets. Le mini-jeu de couture est un poil trop facile, on peut obtenir une qualité d’au minimum 90%… sans bouger le tissu. Même sur les patrons les plus compliqués, je n’ai utilisé que la touche Espace.
Si tu veux apprécier pleinement le jeu, voici mon principal conseil : ne fais pas 100% de la découpe, puis 100% de la couture d’une robe. J’ai pris bien plus de plaisir à découper et assembler les manches, puis recommencer pour le buste, etc.
D’abord, ça te permet de changer tes plans très vite, et d’éviter la frustration après tes erreurs. Ensuite, tu vas alterner les tâches, varier les plaisirs, et tu verras que c’est important. Quand on avance dans nos relations avec les personnages, on débloque des patrons toujours plus longs à réaliser. Les pièces sont plus petites, avec des jeux de couleurs et de tissus plus nombreux, mais aussi… plus de temps passé sur la confection finale.
Un même patron peut radicalement changer de ton, selon nos choix réalisés en cours de route. L’intérêt pour les combinaisons que l’on n’a pas encore testé reste bien présent, tout au long du jeu. Il y a un petit truc en plus, qui m’a bien plu : les femmes ont des morphologies très variées, et l’on règle le mannequin soi-même pour les créations libres.


Il ne faut pas hésiter à acheter un nouveau tissu pour remplir une commande principale. Toutefois, ne dépense pas trop vite dans la boutique, le contenu débloqué par niveau est vendu à un prix plus important que nos gains. Si tu craques sur un tissu, achète-le et prends même un deuxième qui va avec ! Vite après, réalise une robe dite « off rack » pour les rentabiliser. Le prêt-à-porter sera votre meilleur allié dans cette aventure.
Mon avis final

Je suis surprise par la durée de vie de Dressmaker, terminé en 36 heures pour ma part. Je dirais qu’il faut 30 heures pour l’histoire principale et les quêtes du Pigeon, puisque j’ai créé des robes optionnelles à mi-chemin.
Je me suis surprise à m’attacher aux protagonistes de l’histoire. Comme nous passons du temps sur chaque création, on retient malgré nous la personnalité du client, ses préférences et son évolution. Prudence a un développement intéressant, mais Adora et Viviane restent mes préférées, pour les créations qu’elles m’ont demandées.
Chaque création est très satisfaisante à terminer, les tissus sont nombreux et variés. Je n’aurais jamais le cœur à terminer une seule robe IRL, mais … en accéléré, avec une direction artistique aussi mignonne et cosy, c’est un oui.
Je te propose de découvrir un autre Coup de coeur de la rédaction ce mois-ci : Lost in Tandem.
