Sister Other Paranoia est un jeu développé par Haze Denki, dont le thème principal est l’horreur psychologique. Le jeu commence dans une salle de classe, au lycée. On est plongé dans les pensées de Hasuya, évaluant les autres et se décrivant soi-même comme appartenant à une classe sociale inférieure. Notre personnage serait apparemment capable de « lire dans les pensées ».
Par ailleurs, il n’est pas disponible en français. Il faut donc lire et traduire les textes soi-même. Je m’excuse donc s’il y a des erreurs dans ma compréhension de l’œuvre.
Merci à notre partenaire de nous avoir offert une clé afin de vous présenter ce jeu.
- Lore complet
- Ambiance musicale correspondant aux thématiques des histoires et des personnages
- Petite sœur mignonne
- Des choix rares, mais avec des conséquences
- Des fonds allant du très feutré au morbide
- Ne se cache pas des scènes gores
- Pas de langue Française
- Des mots très littéraires, difficiles à comprendre
- Des menus difficiles à trouver
- Des ambiances musicales TROP récurrentes
- Des choix souvent illusoires
ATTENTION : IMAGES GORES DANS LA SUITE DE L’ARTICLE. ÂMES SENSIBLES S’ABSTENIR

- Titre : Sister Other Paranoia
- Développeurs : Haze Denki
- Date de sortie : 14 août 2026
- Plateforme : PC (Steam)
- Catégories : Mignon – Horreur psychologique – Roman graphique – Anime – Scénario riche – Sombre – Aventure interactive – Fins multiples – 2D – Sanglant – Choix multiples – Indépendant – Humour – Jeu solo
Un visual novel sombre signé par le célèbre créateur Nyalra. Hypersensible aux émotions d’autrui, le protagoniste – un auteur de light novels – acquiert la capacité de lire dans les pensées, ce qui ne fait que l’enfermer davantage dans l’isolement. Son seul réconfort réside dans sa jeune sœur, aussi douée que solitaire.
Description : Steam
Des musiques dissonantes
L’ambiance du jeu repose, à mon sens, énormément sur les thèmes musicaux. Les ambiances sont calmes, certes, mais comportent très peu de notes aiguës. Ce n’est que lors des apparitions de notre adorable, mignonne et compréhensive petite sœur, Sahana, que la musique s’apaise et prend un côté rassurant.

Sur les premières heures de jeu, rien d’alarmant concernant les musiques, bien qu’elles soient déjà en partie dissonantes et répétitives. Après environ deux heures de lecture et de traduction, on commence à pouvoir choisir entre cinq routes. Chacune possède son propre thème musical et, par conséquent, sa propre histoire. Les thèmes restent similaires, mais on peut tout de même remarquer des variations entre eux.
Un point lore un peu vague
1 – Le début
Je vous épargne la répétition de mon introduction et reprends après notre éveil. On finit par discuter avec un camarade de classe, qui n’a apparemment rien pour lui. Il vient nous parler, et on l’invite chez nous.
Au début, tout se passe bien, puis vient notre petite sœur, Sahana. Elle est mignonne et douce, des cheveux blancs, un teint pâle et une robe bleu clair, presque grise. On lui apprend qu’elle ne va plus à l’école et, à ce moment-là, notre invité dérape.
Notre camarade commence à la recadrer. Sahana se met alors à pleurer et nous, on réagit de manière disproportionnée.
On touche à trois points, visiblement importants pour lui. Le premier est sa place dans le groupe populaire. On lui rappelle qu’il s’en est fait exclure après avoir réussi à s’y intégrer en ramassant les miettes.

On lui dit qu’il ne pense qu’à la réputation et qu’il affiche un faux sourire, alors qu’il n’a aucune confiance en ses capacités, ni en son apparence. On lui fait clairement comprendre que son complexe d’infériorité lui a fait perdre ses seuls vrais amis.
Suite à cela… On a le droit à un bruit humide et visqueux. En effet, notre camarade s’est défenestré… Le personnage n’a pas l’air de réagir, mais sa sœur dit quelque chose de troublant.
« Tout va bien. Tout va bien, Onii-chan. »
Sahana

« Si l’envie m’en prend, je peux pousser les gens au suicide. Je suis capable de commettre un meurtre en toute légalité. Sans m’en rendre compte, j’ai fini par ne plus jamais quitter ma chambre, reclus avec Sahana.
Le temps a continué de s’écouler, nous abandonnant dans notre stagnation. »
Pensées de Hasuya
Ce ne sont pas les propos exacts, seulement ma traduction du passage. Il est donc possible que celle-ci soit erronée. Suite à cela, on fait un bond dans le temps. Nous apprenons que notre personnage a sorti un livre, un light novel, et qu’il est maintenant à l’université. Il regarde ses parents de haut, traitant son père de Kappa et sa mère de Porc. C’est peu de temps après qu’on nous laisse le choix entre cinq chemins.
2 – Route du Singe
Dans Sister Other Paranoia, la route du Singe aborde principalement la popularité, le besoin d’appartenance et la peur du rejet.
Dokami est un garçon profondément préoccupé par le regard des autres. Il cherche à intégrer un cercle social privilégié et à se faire accepter, quitte à dissimuler ses véritables sentiments derrière une assurance de façade. Cela dit, cette recherche de reconnaissance cache un profond complexe d’infériorité. Son manque de confiance en lui, sa peur d’être abandonné et son besoin de validation le rendent particulièrement vulnérable.



Le cadre qui entoure Dokami devient de plus en plus sombre. Là où l’on voit une fumée orange et quelques fleurs blanches au début, un squelette finit par y élire domicile et la fumée devient rouge sang.
Il s’agit par ailleurs de mon personnage préféré de tout le jeu, c’est vraiment un gars en or quand il ne fait pas n’importe quoi.
3 – Route de la renarde
La route du Renard contribue à l’histoire générale de Hasuya à travers ses relations avec son entourage. Cette route aborde principalement le désir charnel, l’idéalisation ainsi que la possessivité. C’est d’ailleurs la première route que j’ai suivie, et celle qui m’a le plus marqué.
C’est peut-être la plus intéressante à mes yeux. On y rencontre une jeune fille de notre âge, du nom de Tenjiku Botan. Elle s’habille manifestement dans le style Lolita : un visage de porcelaine, une peau diaphane, des twin tails. Sa tenue épurée met volontairement en avant sa poitrine, sans que ce soit provocateur.


ATTENTION, SPOIL (pour cette partie uniquement)
Rapidement, durant sa route, on lit ses pensées, qui tournent vers un désir brut. Elle s’imagine ce que cela ferait d’être « possédée » par Hasuya. Je ne m’épancherai pas sur le sujet. Durant son troisième chapitre, elle nous fait part d’une prédiction : on la brisera, nous-mêmes, même involontairement.
En effet, c’est ce qui arrive durant le quatrième chapitre de sa route : on l’aide à se pendre et on la prend en photo juste avant… Contrairement à la route du Singe, où l’on pouvait changer de fin, ce n’est pas possible ici. Nous sommes obligés d’assister à cette scène pour le développement psychologique futur de notre personnage.

4 – Route de la chauve-souris
La route de la Chauve-souris aborde principalement les thèmes de la jalousie, de l’envie et du sentiment d’infériorité.
Elle met en scène un camarade de faculté de Hasuya, qui éprouve une profonde jalousie à son égard. Alors qu’on semble posséder des qualités et des opportunités qu’il convoite, ce personnage ne cesse de se comparer à nous, nourrissant progressivement son ressentiment. Au lieu de se concentrer sur sa propre vie, il finit par nous percevoir comme l’incarnation de tout ce qu’il lui manque.



Celui-ci fait partie du même club de littérature que nous, et possède de nombreuses connaissances dans ce domaine. Il va même jusqu’à demander aux autres membres de l’appeler « Sensei ». Seulement, après la publication de notre light novel, il se retrouve progressivement mis à l’écart. Les autres commencent alors à nous appeler « Sensei » et recherchent désormais notre validation pour leurs articles mensuels destinés au club.
C’est presque la route pour laquelle j’ai le moins accroché dans Sister Other Paranoia, mais dont je suis sûrement le plus proche. Tout du moins, c’est le cas pour le thème de son cadre. Au premier coup d’œil, il déborde d’œuvres littéraires, mais plus l’histoire avance, plus son cadre présente des magazines d’anime ou de mangas.
5 – Route de la chenille

La route de la Chenille nous permet de rencontrer, encore et toujours, notre ami d’enfance.
Tout comme dans la route de la Chauve-souris, le complexe d’infériorité et la jalousie sont présents. En revanche, là où l’envie dominait, c’est ici le ressentiment qui prend le dessus.
À l’époque, il pensait que nous étions pareils, au bas de l’échelle sociale, et que nous aurions du mal à nous en sortir. Cependant, nous avons complètement démenti cette idée en publiant un light novel, ce qui n’a fait qu’accentuer son complexe d’infériorité. Notre personnage en apprend alors davantage sur lui, aussi bien grâce aux informations qu’il nous révèle qu’en lisant directement dans ses pensées.
C’est un personnage franchement bien écrit, mais j’ai eu du mal à ressentir quoi que ce soit sur sa route. Je me suis juste dit que beaucoup pensaient comme lui, et que ça ne me concernait pas s’il n’en parlait pas de lui-même. On a tous nos secrets, ce n’est pas parce qu’il se sent mal et que je le sais, que je vais le forcer à s’y confronter. S’il veut en parler, on en parle, sinon c’est CIAO.
6 – Route de la bague
La route de la Bague concerne directement les parents de Hasuya, les fameux Kappa et Porc. Au cours des premiers chapitres, on nous révèle que son père va régulièrement voir des péripatéticiennes. Sa mère, de son côté, se fait belle et va régulièrement découcher dans les draps d’un autre homme.



C’est probablement la route que j’ai le moins appréciée, ainsi que celle dont je me souviens le moins. Les cadres évoluent petit à petit, comme à chaque fois, mais cette fois, c’est bien plus dérangeant. J’ai des soucis avec peu de choses dans Sister Other Paranoia, mais le cadre parental me gêne… Sûrement dû au fait qu’un boyau pende sur le dernier chapitre.
7 – La fin ?
C’est après avoir fini les quatre routes que nous pouvons enfin interagir avec la pièce centrale : le Phare. Celui-ci nous permet alors de débloquer la fin de l’histoire.

Des inconnus nous rabaissent et nous adressent des reproches dans la rue. On finit alors par appeler à l’aide notre seul soutien : Sahana. Dans la scène suivante, nous sommes de retour chez nous… et je vous laisse découvrir la suite.
Une fois l’histoire finie, ne fermez pas le jeu, et caressez à nouveau la tête de Sahana dans le menu principal. À titre personnel, j’ai beaucoup aimé cette mécanique. Le fait que l’on ait accès à cette scène bonus, qui nous parle d’un parcours totalement différent, est très appréciable. Sister Other Paranoia en lui-même est assez sombre, et la mort est très présente dans cette fin aussi. Cela dit, elle ne semble pas y être omniprésente comme avant.

Des designs graphiques évolutifs
Chaque personnage possède son propre univers graphique. Notre camarade du club de littérature a un cadre noir, accompagné d’un marque-page et d’un fond composé de magazines de mangas. Notre ami d’enfance, quant à lui, est représenté par une chenille qui s’enferme petit à petit dans une chrysalide, avant de devenir un papillon.
Dokami, CE GOAT, possède un fond fleuri qui évolue progressivement, laissant apparaître des ossements. Nos parents ont peut-être le fond le plus simple, mais celui-ci évolue rapidement, avec l’apparition de boyaux tout autour.
Notre ami d’enfance commence à l’état de chenille et finit en chrysalide. Cette escalade de tension ou d’abandon, pour moi, montre le plus l’évolution volontaire entre les chapitres.



Botan possède de belles fleurs et des bijoux qui, peu à peu, deviennent « lumineux », rappelant l’esthétique des « quartiers des plaisirs » que l’on retrouve dans d’autres œuvres.
Puis vient le fond de Sahana, beaucoup plus feutré, avec des étoiles et des lunes, avant de laisser place à des tournesols dans la True Ending.
En effet, tous les fonds évoluent au fil des chapitres. Fort heureusement pour nous, peu importe la dureté du chapitre, à la fin, on a notre dose de Sahana, donc de mignonitude, pour nous remonter le moral.
Des menus inhabituels
Étant peu habitué à jouer sur des romans graphiques, j’ai eu beaucoup de mal à trouver les menus qui n’apparaissent qu’en passant la souris en haut de l’écran. C’est bien dommage pour moi, j’ai dû recommencer toute l’histoire quatre fois à cause de ça.
La page d’accueil de Sister Other Paranoia propose cinq menus : NEW GAME, LOAD GAME, GALLERY, OPTION et EXIT. Ce n’est pas compliqué de comprendre ce que fait chacun.

Le plus intéressant est qu’il est lui aussi évolutif. En avançant dans l’histoire, ou même en la finissant, on remarque des éléments qui se rajoutent à cette page d’accueil. Vous aurez droit à deux scènes bonus : une au début du jeu en cliquant sur la tête de Sahana, et une deuxième à la toute fin en recliquant dessus.
Il n’y a pas de mécanique spécifique, si ce n’est appuyer sur le clic gauche de sa souris. Le « manque » de mécanique permet de vraiment se concentrer sur le jeu, profiter des thèmes sonores et surtout de s’imprégner de l’ambiance visuelle.

Mon avis final sur l’expérience Sister Other Paranoia

Durant l’expérience, j’étais intrigué, malgré quelques difficultés de traduction. Certains mots, même traduits, m’étaient inconnus et, même avec leur définition, restaient difficiles à comprendre. Cela dit, en restant concentré, on peut facilement profiter de l’expérience.
Personnellement, j’ai commencé avec la route de la Renarde, donc celle de Botan. Je peux vous garantir que j’ai eu la boule au ventre tout au long des autres histoires, surtout pendant celles des parents et de ce GOAT qu’est Dokami.
J’ai eu beaucoup de mal à trouver les menus, donc je me suis fait le jeu en une seule session. Je n’ai trouvé les menus que lors de mon deuxième passage, pour prendre mes screenshots.
Le manque de choix véritables est, à mes yeux, un gros point noir. Seuls deux d’entre eux permettent d’aboutir à des fins différentes pour nos relations, tandis que tous les autres mènent à la mort.
Lorsque l’on pense avoir un dilemme, eh bien, souvent, ce n’est pas le cas. Trop souvent, il faut même appuyer sur chaque bulle pour enfoncer le personnage en face de nous jusqu’à son suicide.
En clair, on nous donne l’illusion d’avoir le choix pour nous forcer à participer à la destruction de nos relations. Ce faisant, on nous fait pousser nos connaissances, notre famille et nos amis à se suicider, s’entretuer ou se faire tuer.
Enfin, Sister Other Paranoia est un excellent jeu. Je ne le recommanderais cependant pas à tout le monde, car il reste relativement sombre, voire gore dans certaines scènes. C’est essentiellement pour cette raison qu’un « Trigger Warning » figure au début de l’article.
Si vous appréciez cet article, je vous invite à aller lire notre test de Cat Me If You Can.