Frieren tome 1 : l’aventure commence après la fin

Qu'est-ce que dix ans pour une elfe ?

Il existe des récits qui vous prennent par la main et vous entraînent dans une course effrénée. Puis il y a Frieren, de chez Ki-oon. Celui-là vous invite à vous asseoir, à respirer. C’est comme prendre le temps de regarder par la fenêtre alors que le paysage défile, lentement. On dirait ces après-midis d’hiver où la lumière s’étire sans qu’on n’ait rien fait de sa journée.

Frieren
  • Titre : Frieren
  • Éditeur : Ki-oon
  • Nombre de tomes : 15 – en cours
  • Catégorie : Aventure – Drame – Slice of life, Fantasy
  • Auteurs : Yamada Kanehito

Comment j’ai découvert Frieren ? C’est simple. Dans ma boutique spécialisée, je feuilletais les dernières sorties, et je suis tombé sur le premier tome. Je lisais l’arrière de la couverture, puis je l’ai ouvert. La surprise ? Pas d’action, rien, juste, du calme, la paix. De la fantasy, mais sans mettre en avant la guerre, le mal. On commence sur une victoire d’un groupe de héros, qui, leur quête accomplie, se sépare. Mais alors ? Quel est l’intérêt ?

L’intérêt est ce fameux commencement. Que font des héros, une fois la paix obtenue ? Nous suivrons alors Frieren, l’elfe âgée de plus de mille ans, rendre visite d’abord à ces anciens compagnons d’aventure. Cependant, force est de constater que le temps a eu effet sur les humains qu’elle a accompagné. Le temps… Cette valeur si précieuse pour l’homme, dont Frieren n’a pas toute la mesure, va lui enseigner que les moments partagés, aussi courts soient-ils, sont très précieux. Les personnages vieillissent, meurent, disparaissent. On prend conscience qu’on a aimé quelqu’un seulement après son départ. Pour l’elfe, dix années passées ensemble ne sont qu’un battement de cils, suffisant pour tout remettre en mouvement.

Pour Frieren, c’est un commencement

Vingt ans ont passé depuis les funérailles d’Himmel. Vingt ans que Frieren continue seule, collectant des sorts dans des contrées reculées en échange de ses services. C’est à cette époque qu’elle décide de rendre visite à Heiter, le prêtre présent dans le groupe du Héros. C’est un vieil ami qu’elle souhaite revoir avant que le temps ne fasse son œuvre.

L’homme qu’elle a connu a bien changé. De jovial qui buvait autant que les guerriers les plus fêtards, elle le retrouve, différent. Durant leur quête de dix ans, ses compagnons l’avaient surnommé le « prêtre corrompu » à cause de son amour immodéré pour l’alcool. Plusieurs fois pendant leurs aventures, il était terrassé par une gueule de bois monumentale. Malgré ces excès, c’est un homme d’une grande bonté, doté de réserves de mana exceptionnelles pour un humain.

Aujourd’hui, ce prêtre corrompu a recueilli Fern, une orpheline de guerre des Terres du Sud. La petite fille de neuf ans a perdu sa famille dans les conflits qui ont suivi la chute du Roi Démon. Il l’a élevée comme sa propre fille, lui apprenant déjà les bases du contrôle du mana. C’est ici, qu’en tant qu’ancien compagnon d’arme, il demande à Frieren de prendre Fern comme apprentie. L’elfe refuse net : trop faible, la fillette ne serait qu’un fardeau et mourrait au combat. La réponse est froide, pragmatique, typique d’une personne pour qui le temps est quasi infini.

Malgré tout, Frieren reste auprès d’Heiter. Il a changé sa requête pour lui demander de déchiffrer un grimoire traitant d’immortalité et de résurrection. Une tâche qui prendra du temps, beaucoup de temps. Justement ce qu’il lui faut pour que Fern apprenne suffisamment la magie.

Frieren

Au bout du compte, Fern deviendra l’apprentie de Frieren, créant ainsi un lien nouveau. Alors que Heiter s’estime chanceux d’avoir vécu aussi longtemps, il finit par décéder. Sa mort est paisible : il est rassuré de savoir que sa petite protégée est entre de bonnes mains en compagnie de l’elfe. Un nouveau voyage rempli de découvertes s’ouvre pour les deux femmes.

L’apprentissage à travers le temps

Au fil de cette nouvelle aventure, Frieren et Fern sont rejointes par Stark, un guerrier qui va leur servir de garde du corps. Le trio s’installe dans une routine qui n’en est pas vraiment une, car chaque jour réserve son lot de découvertes. Le matin, c’est Fern qui prend les choses en main. En effet, étant une dormeuse profonde, Frieren ne se réveille jamais seule. Sa disciple la coiffe, l’habille, la prépare à affronter la journée avec une patience maternelle. Quant à Stark, il observe ces deux-là avec une tendresse amusée. Il lui arrive même de se disputer avec Fern. Surtout dans les situations où les deux ne se comprennent pas mutuellement. Il est bon de noter que les deux jeunes ont à peu près le même âge, Stark étant le plus vieux.

On va donc suivre ce petit groupe au fil de leurs pérégrinations. En tant que spectateurs, nous observerons leur évolution. Ils se chamaillent, bien sûr, mais prennent soin les uns des autres. Par moments c’est un manque d’argent qui les oblige à manger ce qu’ils trouvent dans la nature et à dormir à la belle étoile. Ça peut également être un conseil foireux : Fern souhaitant fêter l’anniversaire de Stark, reçoit une fiole pour dissoudre ses propres vêtements. Frieren lui assure même avec fierté que tous les hommes aiment ça. Dans ce genre de situations, Fern se venge de manière assez mignonne : elle fait des tresses à sa maîtresse, qui n’aime pas du tout ça.

Des moments pas si futiles

Il y a d’autres moments qui dessinent une transformation silencieuse : Frieren, qui ne donnait pas d’importance au temps, apprend peu à peu à apprécier ces moments de proximité. Par exemple, Fern lui pose une question après une mission. Le groupe a reçu comme récompense un sort du genre « nettoyer les statues de bronze », et la question était : « Pourquoi collectionnez-vous autant de magies inutiles ? Pourquoi refusez-vous l’argent ? »

Frieren réfléchit un moment. Elle finit par expliquer que c’est pour satisfaire son désir de collectionner les sorts, par hobby. Ça lui donne une direction, un but à sa vie. Sa mentor lui a enseigné qu’il est mieux d’apprendre pour le plaisir, plutôt que pour combattre. On voit ici une évolution du temps sur Frieren : elle commence à comprendre que les moments passés sont réellement précieux. Tiens, tiens, Himmel aurait donc laissé une trace de lui en elle…

Vous l’aurez compris, j’adore Frieren

Frieren peut faire fuir les personnes en manque d’action pure. C’est le genre d’œuvre qui vous emmène en voyage. Ce n’est pas commun de travailler un manga sur l’après-victoire du groupe de héros. Habituellement, on se concentre sur la quête elle-même. Ici, Frieren veut nous donner une leçon en nous démontrant que la vie continue après la guerre, que les gens vieillissent et meurent naturellement. C’est une belle façon d’amener les valeurs de l’amitié et du moment présent. Le tout est perçu au travers des yeux d’une elfe qui n’en tient pas compte. Une poésie qui résonnera pour ceux qui souhaitent s’y aventurer.

Moins poétique, plus énergique mais tout aussi positif. Fonce lire l’article sur Akane Banashi

Neikko
Neikko

Créateur du site, streamer et passionné. Parle avec son cœur, âme pas à vendre

4 commentaires

  1. Personellement, l’anime m’endort. Cela dit, le mangas lui est bien, j’ai beaucoup accroché. Et l’article me donne envie de recommencer ma lecture.

  2. Pas lu le manga, mais j’ai bien aimé l’anime. Il a l’air fidèle au manga quand même non ?

    PS : je n’ai pas l’esprit mal placé… une trace de lui en elle… :eyes: … ok je sors !

  3. super manga même si j’ai regarder l’anime façon je trouve l’anime et le manga c’est pareil c’est mon avis ^^

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