Inkwellers est un jeu indé d’énigmes et d’aventure, jouable uniquement à deux joueurs. Sorti le 28 mai 2026, sur PC uniquement (plateforme Steam), il est développé et édité par Scrumptious Sprouts : un micro-studio composé d’un couple indépendant polonais passionné, Klaudia et Lucasz.
Si les coulisses du jeu vous intéressent, je vous invite à consulter la page Kickstarter d’Inkwellers. Elle livre plusieurs informations intéressantes sur les créateurs, leur vision du projet, le développement de celui-ci fait sur leur temps libre. Un beau projet indé avec une démo gratuite disponible depuis plus d’un an (depuis le 16 janvier 2025) et prometteuse. Alors d’un point de vue de joueur, que vaut Inkwellers ?
- Énigmes variées et satisfaisantes
- Prise en main simple et accessible
- Coopération bien pensée
- Ambiance visuelle et sonore immersive
- Direction artistique onirique
- Aucun suivi des fragments collectés
- Narration peu mise en valeur
- Durée de vie un peu courte au regard du prix
- Glitch (pas dérangeant mais existant)

- Titre : Inkwellers
- Studio : Scrumptious Sprouts
- Editeur : Scrumptious Sprouts
- Date de sortie : 28 mai 2026
- Plateforme : PC (Steam)
- Genres : Indépendant, Casse-tête, Coop, Atmosphère, 1ère personne
Une coopération indispensable et engageante
Dans Inkwellers, nous sommes des Encriers, des Inkwellers. Aventuriers chevronnés, notre mission est d’explorer des journaux pour en percer les secrets. Un jour, un mystérieux client dépose un vieux journal dans notre boutique.
Au lancement de la partie, on choisit l’un des deux personnages, l’autre étant incarné par notre partenaire. Une fois les deux joueurs prêts, l’aventure commence ! S’inscrivant dans la même lignée que les “We were here” (développés par Total Mayhem Games), ou qu’Operation Tango (développé par le Studio canadien Clever Plays), la communication est primordiale.
Pour s’en sortir et résoudre des énigmes, les partenaires doivent pouvoir échanger les informations dont ils disposent. Cela passe principalement par un chat vocal intégré au jeu, simple mais efficace. Ici, pas de principe de proximité, de talkies-walkies, le vocal est continu (avec une touche push-to-talk configurable).
Personnellement, avec mon partenaire, nous avons préféré passer sur Discord pour échanger les informations car il n’y a pas de réducteur de bruit intégré. Également, cela était plus pratique pour enregistrer le jeu sans entendre nos échanges. Néanmoins pour les personnes ne souhaitant pas ouvrir plusieurs applications sur leur ordinateur ou souhaitant simplement ne pas se prendre la tête, le vocal en jeu est un bon outil de communication !


Un autre moyen de communication est bien pratique en jeu : les “pings”.
Tantôt séparés, tantôt réunis, les joueurs doivent observer leur environnement et peuvent remarquer un élément que le partenaire n’a quant à lui pas vu.
Nous n’avons pas tous la même manière de fonctionner ! Dans ce cas, le ping peut permettre de montrer directement au coéquipier la direction, l’élément dont on parle, sans avoir à essayer de le décrire laborieusement. Il permet également de révéler notre position à l’autre joueur.
Plus qu’un simple échange d’informations, Inkwellers repose sur le travail d’équipe : transmission d’informations, actions simultanées ou alternées entre les partenaires. Cette coopération permet d’avancer dans l’aventure.
Afin de se concentrer sur l’entraide et la résolution d’énigmes, le jeu mise sur une prise en main facile avec très peu de commandes.

Une aventure linéaire et fluide
L’aventure dans Inkwellers se découpe en neuf niveaux dans des environnements distincts. Chaque niveau comporte plusieurs énigmes. Afin de guider les deux joueurs et de progresser, le jeu emploie très peu de texte. À la place, il utilise un repère visuel efficace : la « Pierre de Conseil de Céliphia » avec plusieurs pictogrammes illuminés.
Chacun des symboles correspond à une énigme dans la salle où le joueur se trouve. Ils permettent également de connaître l’ordre dans lequel résoudre les énigmes. Ce parti pris permet à la fois de satisfaire des joueurs expérimentés mais également des joueurs novices.


Il y a différents degrés d’assistance. Le jeu n’impose pas à des joueurs expérimentés un didacticiel ou un guidage poussé.
Les vétérans peuvent s’ils le souhaitent tout explorer et découvrir en tatillonnant sans aucune assistance, ou se référer à la pierre de conseil pour savoir l’ordre dans lequel traiter les énigmes.
À l’inverse, des joueurs plus novices peuvent consulter cette pierre, et avoir un indice en interagissant avec le pictogramme de l’énigme.
La réflexion est de mise mais elle n’est ni aussi intense ni aussi tordue que dans un jeu tel que Riven (développé par Cyan Worlds Inc), par exemple. La difficulté est graduelle et adaptable en fonction du type de joueur.
La progression est, quant à elle, plutôt linéaire : une suite d’énigmes pour un nouveau niveau. Il est à noter que certaines énigmes peuvent être résolues dans un ordre différent de celui présenté sur la pierre de conseil.
Attention, cela ne correspond pas à la majorité des niveaux.

L’enchaînement des énigmes pourrait paraître répétitif, mais elles sont diverses et variées, ce qui rend l’expérience agréable. Regarder ensemble notre environnement et assembler des éléments. Donner des indications à son partenaire qui, dans une pièce séparée, a accès à d’autres informations. Révéler des éléments cachés. Communiquer et se coordonner avec son partenaire pour avancer ensemble. Guider son coéquipier s’il ne voit pas. Réaliser une recette… La liste est encore longue et cette diversité permet à chacun d’être contenté : à chacun sa logique, à chacun son énigme préférée !



Une atmosphère enchanteresse et immersive
En plus de son gameplay très agréable, Inkwellers offre de jolis graphismes semi- low poly aux accents cartoon, avec une direction artistique orientée vers la fantaisie et l’onirisme.
La palette de couleur est contrastée. Les couleurs sont vives, tantôt très lumineuses, tantôt très sombres.


Les effets lumineux et de particules accentuent cette impression de conte, de rêve éveillé. L’interface épurée et la quasi-absence de texte renforcent l’immersion du joueur.

L’ambiance sonore n’est pas en reste. La musique reste douce, instrumentale, mais évolue selon le niveau : joyeuse, inquiétante, un peu plus mélancolique… Les effets sonores sont présents et contribuent à donner vie aux décors. On retrouve notamment le crépitement d’un feu, le souffle du vent, le bruissement des feuilles ou encore les nombreux sons associés aux interactions du joueur. Visuellement ou auditivement, les joueurs sont transportés dans une histoire empreinte de magie, de sciences et de livres.
Les interactions sont aussi plaisantes. Un livre sur le bureau ? On peut le prendre et le déplacer. Pour différencier un élément important (indice, clé) du décor, de petites runes dorées s’échappent de l’objet. Cela aiguille le joueur sans pour autant le sortir de l’atmosphère.

En revanche, certains éléments, volontaires ou non, détonnent et nous sortent un peu de cette ambiance. Sans trop en dévoiler, on peut retrouver dans certains niveaux des images rigolotes qui ne correspondent pas à l’univers. Certains objets glitchent avec notre personnage nous faisant tourner ou nous téléportant sur une courte distance.
Personnellement, cela ne nous a pas dérangé. Dans la démo, les glitchs avec les objets et bugs de collision étaient beaucoup plus présents. Des correctifs ont été apportés, appréciables d’un point de vue joueur.
En bonus, récompensant les explorateurs, le couple de développeurs a ajouté un petit secret : un Easter Egg en lien avec l’actualité numérique, je vous laisserai le découvrir…
Un récit discret et sous-exploité
Terminons ce test par un dernier point : l’histoire. Elle est racontée au joueur à travers l’univers, les décors mais également de petites notes. Si les deux premiers éléments sont imagés et sujets à l’interprétation et l’imagination du joueur, les notes sont en principe plus descriptives et littérales.

On les obtient au cours des différents niveaux sous la forme de “fragments” bleus spectraux. En interagissant avec eux, le joueur découvre un morceau de l’histoire.
Sur le papier, c’est une bonne idée. Souvent utilisée dans les jeux vidéo, la note permet de se renseigner sur l’histoire, un personnage… tout en laissant du mystère. Elle s’adresse aux joueurs qui le souhaitent et apporte des détails, souvent de la profondeur au jeu.
Dans Inkwellers, le récit repose presque entièrement sur ces fragments numérotés. Il y a donc un ordre dans la lecture de ceux-ci. Si on ne les ouvre pas dans l’ordre chronologique (I, II, III…), ou si on oublie certaines notes, l’histoire en devient plus décousue. De plus, elles sont assez énigmatiques. Même en les lisant dans l’ordre, nous n’avons pas cerné toute l’histoire. Cette dernière manque un peu de profondeur et n’apporte pas suffisamment de réponses sur l’histoire du livre ou sur notre présence dans celui-ci. Le récit aurait pu être plus exploité.

Ces fragments d’histoire, en tant que tels, renvoient à un autre aspect du jeu : la collection. Atteinte de collectionnite aiguë, il me fallait toutes ces notes. Cependant le jeu n’offre pas de suivi de celles-ci. Il n’y pas de journal, pas de repères visuels sur l’écran des niveaux. On ne peut pas voir dans quel niveau se trouvent les notes (cela serait trop facile pour certains). On ne peut pas non plus vérifier si l’on a récupéré toutes celles d’un niveau ou s’il nous en manque une.
Au final, on ne peut ni les relire si on est amateur de lore, ni suivre l’avancement de notre collection de fragments. Pourtant, il y a bien un succès Steam pour l’obtention de ces derniers. Si vous souhaitez le réaliser, sachez qu’il faut récupérer toutes les notes en une session de jeu. Avec mon partenaire, nous avons dû recommencer une partie pour les recompter, refaire tous les niveaux dans l’ordre en une fois. Nous en avons profité pour essayer de comprendre l’histoire du jeu.
Petite astuce : Les fragments sont utilisés comme indices et correspondent au compteur en haut à droite de l’écran. Il y en a autant que de pictogrammes sur les pierres de conseil. Vous commencez avec un compteur de 3 indices, et finissez avec un de 31. Je vous laisse deviner combien vous devrez trouver de notes !

Inkwellers vaut-il le détour ?

Si je termine ce test sur une note (sans mauvais jeu de mot) plus négative, c’est parce qu’elle me laisse un goût doux-amer. J’ai adoré les graphismes, l’ambiance sonore et visuelle, et même les quelques petits glitchs qui nous ont fait rire. J’ai pris beaucoup de plaisir à résoudre les énigmes, très diverses et vraiment accessibles sans être trop faciles.
Ma petite déception correspond à ces fragments que je trouve insuffisamment utilisés, tant dans la forme que dans le fond. Dans la forme, je n’ai pas ressenti la satisfaction de remplir un carnet, cette satisfaction propre à la complétion. Dans le fond, l’histoire n’est, à mon sens, pas assez poussée. J’aurais apprécié en apprendre et comprendre davantage. En tant que jeu d’énigmes coopératif, je ne peux que le recommander : agréable, adaptable dans sa complexité, et basé sur de la communication et de la réflexion.
Concernant son rapport qualité, prix et durée de vie : c’est un beau jeu, qui dure en moyenne 4h d’après les avis Steam et le site howlongtobeat (voir 5h pour la complétion), pour un prix de 10,25€ sur Steam. Inkwellers vaut le coup, même si son tarif peut sembler légèrement élevé au regard de sa durée de vie. Je pense qu’il intéressera autant les joueurs aimant les jeux de la lignée “We were here” que des néophytes du genre. Si c’est une de vos premières aventures dans les jeux d’énigmes coopératifs, foncez !
J’ai hâte de voir de nouveaux projets fleurir de ce couple de développeurs… À quand une suite des aventures des Inkwellers ?
Si vous souhaitez découvrir de nouvelles pépites jeux vidéo, je vous invite à découvrir Cairn… Un jeu différent, difficile, avec un aspect survie et contemplatif !

l a l’air sympas a faire même si le lore est difficile a suivre ^^